Servantes des Pauvres
Oblates bénédictines

Après mes études d'infirmière

Témoigner de ma vocation de Servante des Pauvres, c'est pour moi rendre grâce au Seigneur pour sa Providence bienveillante et son Amour infini. Créé pour vivre éternellement avec son Créateur, n'est-ce pas extraordinaire pour l'homme de pouvoir lui consacrer toute sa vie dès cette terre ? Bien sûr avec tout ce que comporte comme difficultés et souffrances cette épreuve de la Foi mais vécue sous le regard du Seigneur et en réponse à son Amour premier.

Sœur Marie Clémence

Mais comment suis-je arrivée chez les Servantes des Pauvres ? Par un parcours qui m'a semblé long parce qu'il ne s'est éclairci que progressivement. En regardant le passé, je mesure mieux maintenant que c'est la grâce de Dieu qui m'a donné à chaque fois la force de dire 'oui' et d'avancer.

La première étape fut la décision de commencer les études d'infirmière ; je voulais faire de ma vie quelque chose d'utile pour le prochain, me donner à une belle cause… et je savais que ce métier me fournirait plus d'une occasion en ce sens. Puis la confrontation à la souffrance, à la brièveté de la vie, à la détresse aussi des hommes sans espérance face à la maladie, à la superficialité du monde… m'a fait prendre plus au sérieux l'engagement baptismal de suivre le Christ qui seul importe. Peu à peu, je passais plus de temps avec le Seigneur dans mes journées. J'avais besoin de ce ressourcement et c'est auprès de Lui que je trouvais la force et le sens de continuer les études et le travail auprès des malades et pour eux.

Après ma formation, je ne cherchais qu'à faire la volonté du Seigneur mais sans savoir où elle était ! La fidélité au devoir d'état a alors été pour moi une garantie et je tâchais de recevoir les évènements, les rencontres, les conversations…comme des signes de cette volonté divine qui seule ferait mon bonheur.

Comme premier emploi, j'ai travaillé dans une clinique Catholique ; ce fut une étape importante où la grâce du Seigneur m'a fait découvrir l'apostolat caché mais fécond de la Vie Consacrée qui est en elle-même témoignage de la tendresse du Père. Respect envers le patient, disponibilité, ingéniosité à être présence de Paix dans chaque situation, louange au Créateur devant chaque petite merveille du quotidien transformé par un regard de Foi : toutes ces attentions d'un cœur aimant et réservé au Seigneur me firent aller plus loin dans les soins aux malades, plus loin que le corps. C'est alors que le Seigneur m'a donné à mon tour cette soif de vivre avec Lui comme le seul Ami et même l'unique Epoux pour être ainsi toute à tous.

« Oui, Seigneur, tu m'as conquise le premier et je veux me laisser prendre ; mais où pourrai-je me consacrer à Toi totalement ? » J'ai fait alors la connaissance de la communauté des Servantes des Pauvres. Leur belle devise « Un seul et même Amour au service de Dieu et des Pauvres » résumait l'unité de vie que je souhaitais. Celle-ci se fonde sur la Règle de Saint Benoît qui garantit l'union au Christ dans la prière communautaire, l'Office divin, le silence, et se prolonge naturellement dans la vie apostolique. Auprès des Pauvres malades à domicile, la Servante des Pauvres s'applique à voir le Christ, à les servir comme s'ils étaient le Christ en personne. Le Christ devient en même temps le modèle. Avec Lui, elle apprend à être ses mains, ses yeux, son cœur, à être elle-même bon Pasteur auprès des plus Pauvres, à travers les services les plus cachés et obscurs.

Ainsi ces deux vies de Contemplation et d'Apostolat qui pourraient sembler opposées sont en réalité animées du même Amour : l'Amour dont Dieu nous a aimés le premier et que nous approfondissons dans un contact intime avec Lui dans la prière, cet Amour du Sacré Coeur de Jésus révélé dans sa Face adorable que la Servante des Pauvres honore particulièrement, elle le communique ensuite aux malades, aux Pauvres. C'est le même Amour qui la fait adorer son Sauveur dans l'Eucharistie et qui la conduit chez un Pauvre à soulager.

Le noviciat est justement ce temps ou nous apprenons cette union avec le Seigneur, base de notre mission future. Avant d'être Servantes des Pauvres, Notre Vénéré Père Fondateur nous demande d'être Servante du Seigneur. Pour cela, notre école est de tout faire en sa présence, de ne rien lui préférer, c'est à dire de faire de la Charité l'unique moteur de nos actions, de notre vie, aidée en cela par sa grâce toute puissante. Nous nous confions particulièrement à Notre Dame, Servante du Seigneur par excellence, modèle d'humilité, d'abandon et de reconnaissance envers son Créateur.

Cette vie quotidienne toute simple et intentionnellement à l'écart du monde, permet d'affermir notre vocation dans la prière, l'étude et la vie fraternelle. C'est un peu à l'exemple du Sauveur qui a passé trente ans de vie cachée avant de commencer sa prédication… mais pour nous, le noviciat ne dure canoniquement que deux ans ! Cependant, même après ce temps, notre coeur reste toujours novice puisqu'il est en face d'un Amour infini dont il veut s'émerveiller et témoigner chaque jour et dont il chantera les louanges durant l'éternité !

Sœur Marie Clémence
Novice Servante des Pauvres