Servantes des Pauvres
Oblates bénédictines

Te suivre dans la vie religieuse ?
ou
Te suivre dans le mariage ?

« Alors j'ai dit : voici, je viens ! »
« C'est Ta Face, Seigneur, que je cherche… »
« Adimplebis me laetitia cum vúltu tuo, Dómine »

Veni Sancte Spiritus… afin de dévoiler les merveilles de la Miséricorde Infinie du Père venue me prendre par la main avant même mes premiers pas sur cette terre. Elevée dans la chaleur d'une vie familiale profondément catholique, la petite graine du Baptême a germé et grandi comme dans la bonne terre. Arrivée aux années du lycée, je sentis que le Bon Dieu me demandait une vraie réponse bien personnelle à un appel auquel il me semblait avoir déjà répondu depuis toujours, désirant Le suivre dans la vie religieuse. Aussi, ce 12 décembre où l'Église nous fait entendre dans les lectures de la messe un vibrant « Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! » j'ai répondu : « d'accord, c'est pour moi ! » C'est vers la Sainte Vierge que je me suis alors tournée, lui disant ce premier ‘Oui’, sachant que cette Douce et si chère Maman saurait le déposer à l'abri dans le Cœur de son Divin Fils - Magnificat anima mea Dominum – A la fin de cette riche période des années du lycée, voilà que de nouveau le ‘Bon Maître’ me demandait de Le suivre et avec toute l'impatience de mon caractère, je m'entendis Lui répondre « Oui ! mais où ?! – Ici. » Ici, au pied de l'autel où était installée la crèche dans la Joie de Noël en cette vigile de l'Épiphanie ; Ici, dans la paille, la Pauvreté de Bethléem, pour y trouver l'Enfant Dieu ; Ici, dans l'Adoration du Saint Sacrement exposé pour les élèves comme chaque soir… Tout cela, je l'ai compris bien plus tard après un cheminement de trois longues années au bout desquelles ce « Ici » est devenu si Lumineux. Guidée, soutenue surtout par la prière d'un bon directeur spirituel, le Saint Esprit a pu mettre dehors peu à peu tous les « a priori » et idées toutes faites qui encombraient mon cœur. La Sainte Vierge veillait, comme toujours, de concert avec le Divin chef d'orchestre qui me façonnait dans une vie de prière bien nécessaire. Au milieu de mes études d'infirmière, il fallait que je puisse trouver la force divine dans les Trésors de l'Église et le Seigneur dans sa grande Miséricorde ne cessait de me faire sentir l'urgente nécessité de tenir un rythme soutenu de vie spirituelle, vital pour mon âme… Années riches d'expérience dans cette toute première approche du monde médical et surtout du monde des malades et de la souffrance.

Sœur Marie Pauline

« Ta Main me conduit, Seigneur »… et c'est encore Toi qui me demandait une nouvelle fois si j'étais toujours décidée à Te suivre. « Mais oui, Seigneur, Tu sais tout… Tu sais que je T'aime ! » (Jn XXI) Te suivre dans la vie religieuse ? ou Te suivre dans le mariage ? Car voilà que la question se faisait plus pressante. Et cette formidable aventure du mariage dont j'avais un merveilleux témoignage chaque jour sous les yeux à la maison ne me semblait pas rejeter les désirs profonds de mon cœur. Il n'a pas été long à me faire sentir qu'Il est un ‘Dieu Jaloux’ qui me voulait entièrement donnée à Son Amour dans la radicalité de l'Évangile. Alors, poussée par un cher Ami, l'Esprit Saint, j'ai dit Oui !

J'avais eu la chance de partager quelques jours de vie communautaire chez des moniales bénédictines, jours de découverte de la vie religieuse ‘de l'intérieur’. Avec l'intime conviction que ma formation infirmière en cours devrait ‘me servir’ un jour, je cherchais toujours… Où donc m'attendait mon Jésus ? Orientée vers les Servantes des Pauvres dont le nom déplaisait assez à mon terrible orgueil, Il m'a donné la force de venir découvrir cette congrégation, attirée que j'étais par leur vie bénédictine au Service des malades. Dès mes premiers pas dans cette maison, une Voix intérieure me dit ‘Bienvenue chez toi !’ et quelques secondes plus tard, devant un immense Crucifix, cette Parole de Jésus sur la Croix me venait à l'esprit « Père, entre Tes mains, je remets mon Esprit » Je n'avais plus qu'à dire Amen ! Merci Seigneur, enfin… c'est Ici ! Les jours qui ont suivi m'ont donné la certitude que ce n'était pas par dépit que j'arrêtais ici ma course, mais bien pour répondre à la Volonté de mon Seigneur : Le suivre de plus près, par la Profession religieuse, sous la Règle de Saint Benoît dont la profonde Paix embaume la maison, recherchant sans cesse Son Visage dans les Pauvres et les malades visités à domicile et chez qui la sœur n'entre pas sans avoir souhaité la ‘Paix à cette maison' (Lc X) et suivant cette belle recommandation du Vénéré Père Fondateur Avant de partir pour soigner les malades, une Servante des Pauvres doit se rendre à la Chapelle pour adresser à Dieu une fervente prière. Dieu est Bon !

Admise au postulat, ce furent 9 longs mois remplis de ces mille trésors de la Miséricorde Divine pour obtenir mon diplôme, finir l'année scoute et vivre de beaux moments de la Vie familiale ; vivre ensemble, cadeau de la Sainte Vierge, ce riche pèlerinage à Lourdes avec le cher Pape Jean-Paul II pour fêter son Assomption.

Depuis 5 mois que me voici ‘Servante des Pauvres’ par la grande grâce de la Profession religieuse, je suis loin d'avoir découvert toute la richesse de ce beau ‘titre de noblesse’ que nous a laissé notre Bon Père. Trésor d'humilité du Service quotidien de la Charité auprès des plus Pauvres… J'apprends chaque jour davantage à vivre au Service du Seigneur, de mes sœurs et des Pauvres. « Tu me scrutes, Seigneur, et Tu me connais bien !… C'est Toi qui as formé l'intime de mon être » chante le Ps 138. Oh Oui ! Il sait que mon goût pour la musique trouve un profond et vibrant écho dans la Liturgie grégorienne, dans la célébration quotidienne de l'Opus Dei, pôle de la Règle de Saint Benoît ; que, rayonnant autour de la Messe, cette ‘Œuvre de Dieu’ m'abreuve et peut m'unir à notre Époux Divin dans chacun des mystères que l'Église nous fait revivre, cette Église à laquelle notre Bon Père Fondateur était si attaché, attachement filial qu'il a si bien su transmettre à ses filles : « Tout pour l'Église, tout par l'Église, tel sera l'Esprit constant de leur Œuvre. »

« Je dis au Seigneur : Mon Dieu, c'est Toi ! » Ps 139. C'est Toi qui es là, dans chacune de mes sœurs, qui m'apprend à vivre à leur service dans la Joie et l'esprit de famille si caractéristique de la Règle bénédictine, dans la Paix de la Charité fraternelle. C'est Toi qui nous envoie au Service des Pauvres pour leur porter la lumière de la foi et le feu de la Charité après nous avoir fait puiser dans Ton Cœur.

Notre Père fondateur disait : « L'important, c'est de voir Jésus-Christ dans les malades. » Il avait été bouleversé par cette Parole de Jésus : « J'étais malade, et vous M'avez visité » Mt XXV,36, et c'est ce qui lui faisait dire encore : « Après avoir servi le Seigneur aux pieds des autels, la Servante des Pauvres continue de Le servir au chevet des malades et des agonisants. » Chez ces malades que nous allons soigner et visiter, le Saint Esprit est toujours à l'œuvre silencieusement même s'il semble ‘ne rien se passer’ pour ces âmes portées par la prière et l'offrande de nos sœurs qui restent à la communauté. Ce sont aussi de belles petites perles qu'Il nous donne selon Son bon plaisir… Il y a par exemple, cette petite dame de ‘3 ans avant la centaine’ que la sœur vient réconforter en préparant ses médicaments lorsque malgré son sourire continuel, elle lui confie sa tristesse de se voir fatiguée et de ne plus pouvoir aller à la messe chaque jour. Ou bien cette personne chez qui la foi est précieusement enfouie au fond du cœur parce que ‘oh, vous savez, ma sœur… chez nous, on est croyant, mais on ne pratique pas’ et il arrive une petite brèche dans la conversation dans laquelle on peut se faufiler pour parler du Bon Dieu et de la Sainte Vierge ; comme ce jour où après l'injection d'insuline, je lui propose de confier cette journée à Notre Dame, elle me répond « Oh non ! je suis bretonne… et puis je dis toujours un ‘je vous salue Marie’ avant de m'endormir » Nul doute que cette Douce Maman du Ciel se réjouit de cette fidélité toute simple. C'est encore cette dame que nous aidons chaque jour pour sa toilette et dont l'esprit semble s'en aller de plus en plus, mais qui dans un moment de lucidité rebondissant sue un mot se met à chanter de tout son cœur ce bon vieux cantique à la Sainte Vierge ‘Au ciel, au ciel, au ciel, j'irai La voir un jour !’ Il y en a d'autres chez qui nous gardons le silence parce que… « Vous savez ma sœur, je suis protestante » alors il nous suffit d'être là, attentives à ses besoins, à l'écoute de ses soucis et de sa solitude, et Jésus Lui-même souffle silencieusement par son Esprit dans son cœur. Quelle Joie aussi de pouvoir accompagner cette maman dans la préparation au Baptême du petit dernier. Nous l'avons suivie tout spécialement en fin de grossesse (diabète et tension) ; merveilleuse occasion providentielle pour préparer Noël, cheminer avec la famille vers la demande du Baptême pour les 4 enfants âgés de 9, 4, 2 ans et 1 mois… Cadeaux du Ciel et sourire de notre Vénéré Père qui invite sa petite fille à poursuivre avec Joie et Persévérance dans la fidélité à cette belle mission de soulager les corps et conduire les âmes dans la Lumière de la Foi. DEO GRATIAS ! « Misericordias Domini, in aeternum cantabo… »

« Je T'exalte, ô Roi, mon Dieu, je bénis Ton Nom à jamais,

je veux Te bénir chaque jour, louer Ton Nom toujours et à jamais ! »

Sœur Marie Pauline
Servante des Pauvres