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Première Messe de Don Pierre Gazeau 26-06-2017

Le 26 juin, Don Pierre Gazeau, de la communauté saint Martin, est venu célébrer une première en notre chapelle et nous associer ainsi à son action de grâce.
« Le sacerdoce, c’est l’Amour du Cœur de Jésus » Curé d’Ars.

Première Messe de Don Pierre GAZEAU

Saint-Sauveur - 26 juin 2017
Homélie

Chère Mère Générale,
chères Sœurs Servantes des Pauvres,
chers amis prêtres, diacres, séminaristes,
bien chers fidèles,

C’est une grande joie de célébrer, ici, une Première Messe, au cœur de votre Communauté ; et j’associe à mon action de grâces les Sœurs de Denain, par qui, finalement, je vous ai connues. J’ai fait, il y a deux ans, un stage au patronage de Denain, un stage d’un mois au service des enfants et de leurs familles, et c’est là que j’ai découvert votre mission auprès des plus pauvres. Merci pour votre charisme, merci pour votre regard.

Et je crois que dans les lectures de ce jour, Notre Seigneur nous invite à grandir davantage dans notre regard. Lorsque Jésus dit, au début de l’Évangile : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés », je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les fois où Jésus Lui-même a été jugé par les pharisiens et à la tristesse qu’Il a dû avoir dans son cœur face à la dureté de ce regard. Je pense que nous aussi, dans notre vie, nous avons fait l’objet de jugements, de jugements blessants ; et nous avons deux manières, je crois, de pouvoir y répondre. À la manière tout d’abord du vieil homme qui, parce que nous sommes jugés, eh bien, nous nous disons que, voilà, nous sommes mal considérés, et nous portons un jugement aussi mauvais qu’il a été porté sur nous. Ou alors il y a une autre manière de juger, plutôt de recevoir ce jugement, c’est lorsque nous nous souvenons que, avant le jugement que nous venons de recevoir, il y a le regard de Dieu sur nous. C’est alors que nous nous rendons compte de la valeur du petit jugement qui a voulu peut-être nous dévaloriser, qui finalement n’a pas de sens face à la grandeur du regard de Dieu sur nous, sur notre vie, face à son Amour... Et parce que nous savons que nous sommes sous le regard de Dieu, parce que nous savons que Dieu nous aime, eh bien nous pouvons poser un regard semblable à celui du Christ lorsqu’Il voyait les foules, lorsqu’Il voyait la dureté de cœur des pharisiens, et qu’il enseignait avec autorité, qu’Il avait un regard juste, droit...

Nous aussi, nous pouvons utiliser notre regard, non pas pour rabaisser, dévaloriser, comme le vieil homme tenterait de le faire, mais pour déployer l’œuvre de Dieu autour de nous dans ce monde. Et par notre regard – nous en avons tous fait, je crois, l’expérience – nous pouvons rendre la dignité à une personne qui avait perdu cette dignité. Nous avons vraiment une grande force dans le regard que nous pouvons porter sur les personnes.

Je ne peux pas célébrer une messe, une première messe, en l’honneur de la Vierge Marie, au Cœur immaculé de Marie, sans repenser à mes deux années passées à Lourdes, juste avant de venir ici, et à vous parler du message de Lourdes, très belle illustration de ce que nous voyons dans l’Évangile, en tous cas dans ce regard de Jésus. Lorsque nous voyons le message de Lourdes, les apparitions, la Vierge Marie, sainte Bernadette, eh bien le regard.... On va partir de sainte Bernadette qui était une petite fille pauvre, pauvre humainement, pauvre de santé, pauvre socialement. Elle était appelée « la fille du voleur » ; c’est un jugement que son père avait reçu, qui était faux lui aussi. Cette petite fille que personne ne regardait, va avoir une vie transformée, transformée par un regard, par le regard de la Vierge Marie, par une phrase de la Vierge Marie qui va lui dire : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? » Par le regard de la Vierge Marie, Bernadette se sent considérée. C’est sans doute l’une des premières fois où on la vouvoie, on lui demande quelque chose, on ne l’oblige pas. Cette phrase découle du regard de la Vierge Marie sur Bernadette. A travers ce regard, eh bien, Bernadette va découvrir le regard du Christ sur elle ; elle saura qu’elle est aimée de Dieu. Et toute la vie de Bernadette va consister à devenir sainte Bernadette, c’est-à-dire à rechercher ce regard de Dieu et à vivre sous le regard de Dieu.

Alors je vous propose tout d’abord de suivre l’exemple de sainte Bernadette qui a accepté d’être regardée en ce qu’elle était, dans sa pauvreté, et de nous laisser aussi aimer par l’Amour de Dieu ; et ensuite de suivre l’exemple de la Vierge Marie, d’adopter un regard... le regard du Christ et de diffuser l’Amour de Dieu à travers notre regard. Amen.