Servantes des Pauvres
Oblates bénédictines

Au fil des jours

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Profession Perpétuelle de Sr Marie Bakhita et de Sr Brigitte Marie25-05-2017

Sœur Marie Bakhita et Sœur Brigitte Marie
Après l’homélie donnée par Dom Philippe de Montauzan, Abbé de l’abbaye Saint Paul, de Wisques, les deux jeunes Professes, agenouillées et tenant en main leur cierge allumé, répondent à l’interrogatoire :

Le célébrant :
– Que demandez-vous à Dieu et à son Église ?
La Professe répond :
– Avec la grâce de Dieu, je demande à faire profession perpétuelle dans la famille des Servantes des Pauvres, Oblates régulières de l'Ordre de saint Benoît.
Le célébrant :
– Sœur …, par le baptême, vous êtes déjà consacrée à Dieu ; voulez-vous, par la profession perpétuelle, être unie à Dieu plus étroitement encore ?
La Professe :
– Oui, je le veux.
Le célébrant :
– En suivant l'Évangile avec ferveur et en gardant la Règle de saint Benoît, voulez-vous tendre avec constance et fermeté à la charité parfaite envers Dieu et le prochain ?
La Professe :
– Oui, je le veux.
Le célébrant :
– Empressée à l'œuvre de Dieu, à l'obéissance et à l'humilité, voulez-vous n'avoir rien de plus cher que le Christ ?
La Professe :
– Oui, je le veux.
Le célébrant :
– Avec la force de l'Esprit-Saint, voulez-vous offrir généreusement toute votre vie au service des Pauvres ?
La Professe :
– Oui, je le veux.
Le célébrant :
– Que celui qui a commencé en vous ce bien, l’achève lui-même pour le jour du Christ Jésus.

Homélie de Dom Philippe de Montauzan

Abbé de Notre-Dame de Wisques

Jeudi de l’Ascension, 25 Mai 2017

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Professions perpétuelles de
Sœur Marie Bakhita et Sœur Brigitte Marie

« L’Évangile vient toujours d’ailleurs. »

Mes chères Sœurs qui allez dans quelques instants offrir vos personnes et vos vies en louange de gloire à la très sainte Trinité,

Toute l’assemblée des fidèles qui vous entourent en ce moment, et en particulier toute votre chère famille religieuse des Servantes des Pauvres, comprend que je m’adresse principalement à vous deux que le Seigneur a choisies de toute éternité pour vous appeler au Mystère de ses Noces, au sein de son Épouse bien aimée, l’Église, votre et notre Mère resplendissante de sa Beauté et de sa Bonté infinies.

Le Cardinal Bernardin Gantin, illustre fils de l’Afrique et grand ami de S. Jean-Paul II, disait : « L’Évangile vient toujours d’ailleurs. » Il pensait, bien sûr aux nombreux évangélisateurs – prêtres et religieuses surtout – qui dans les siècles passés avaient apporté d’Europe la lumière de la Bonne Nouvelle de Jésus, spécialement en Afrique. Et comme d’autres grands hommes d’Eglise nés ne Afrique, il se voulait débiteur reconnaissant envers les missionnaires – hommes et femmes – par qui le Seigneur avait conquis les cœurs et illuminé les intelligences au point de faire appeler l’Afrique par les Souverains Pontifes, le continent de l’Espérance.

« L’Évangile vient toujours d’ailleurs. » Aujourd’hui il n’est pas rare de voir l’Évangile annoncé en Europe, en France, par des hommes et des femmes qui viennent d’Afrique, rappeler aux générations oublieuses de leurs racines chrétiennes, la bonne Nouvelle du Salut et l’Amour infini de Dieu à leur égard. Serons-nous aussi dociles à vote présence d’amour et de service que vos familles l’ont été lorsque la semence évangélique leur a été confiée ? Pourquoi pas ? Le sacrifice, joint à la parole et surtout au témoignage de la vie consacrée par amour de Dieu et du prochain, est toujours un puissant moyen aux mains du Père pour ouvrir les cœurs les plus rebelles à la mission du Fils, prolongée par celle de l’Esprit Saint. Et vous le savez bien, le Seigneur vous l’a déjà révélé au cours de vos années de formation. Votre sacrifice prend aujourd’hui une dimension communautaire, familiale, ecclésiale, c’est-à-dire universelle. Nous offrons avec vous la présence invisible de vos familles, signe mystérieux mais incontestable de l’authenticité et d la vérité de votre démarche religieuse, et nous les remercions vivement de leur propre sacrifice. Vous êtes entourées et soutenues dans la Communion des Saints par les personnes que vous avez quittées pour suivre le Seigneur là où Il vous appelle. Et le Seigneur, infiniment bon comme le Père est infiniment bon et le Saint-Esprit est infiniment bon, se réserve de vous donner, déjà aujourd’hui, mais ce sera infiniment plus merveilleux lors de son triomphe final, la récompense promise aux hommes et aux femmes qui auront tout quitté par amour pour Lui.

« L’Évangile vient toujours d’ailleurs. » Aujourd’hui, alors que vous allez répondre aux questions posées au nom de l’Église, alors que toute l’assemblée va offrir sa supplication pour vous au Seigneur par les litanies des Saints, alors que vous allez lire et signer votre charte de Profession, avec le renouvellement solennel de vos vœux de religion, et que vous allez chanter votre triple « Suscipe » repris par votre famille religieuse, alors que vous allez recevoir le signe extérieur de votre consécration, en témoignage de votre appartenance totale et définitive à Jésus-Christ et à son Église : l’habit religieux [de chœur], si cher à S. Jean-Paul II ; alors que le célébrant va chanter sur vous l’admirable prière de bénédiction au nom de l’Église, alors enfin que vous recevrez cet achèvement visible de votre consécration que sont le voile et l’anneau, symboles de l’union sponsale avec l’Époux du Cantique des Cantiques, aujourd’hui, vous êtes invitées à entrer dans le mystère de cet « ailleurs » d’où provient l’Évangile.

« L’Évangile vient toujours d’ailleurs. » C’est vrai historiquement et géographiquement, selon l’espace et le temps, c’est encore plus vrai surnaturellement et mystiquement. Il n’y a pas de hasard, et la divine Providence conduit les événements d’ici-bas avec sûreté. Alors que le monde s’enfonce dans le refus, tantôt violent, tantôt tranquille, de toute référence à Dieu et au monde surnaturel, c’est la dictature du relativisme dénoncée avec force par Sa Sainteté Benoît XVI. Vous venez, vous, humbles filles de Dom Camille Leduc et de notre bienheureux Père saint Benoît, proclamer l’existence d’un « ailleurs », reçu au plus profond de votre cœur lors de votre baptême. Les textes de la sainte messe d’aujourd’hui soulignent cet « ailleurs » qui n’est autre que la présence en vos cœurs de la Très Sainte Trinité Elle-même. Saint Matthieu vous rappelle votre baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et la promesse de Jésus : Et moi, je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » Saint Paul vous amène à la contemplation du Père, le Père de la Gloire ; du Fils ressuscité par le Père pour être la Tête de son Corps mystique qui est l’Église ; de l’Esprit de Sagesse, qui est l’Esprit Saint Lui-même.

Le récit de l’Ascension des Actes des Apôtres vous décrit la Beauté magnifique de votre Époux s’élevant dans les cieux et vous bénissant dans un geste de consolation inoubliable. Tentées peut-être de vous attrister du départ « ailleurs » du Seigneur, vous êtes désormais sûres de trouver cet « ailleurs » en vous-mêmes. Votre vocation, reçue « d’ailleurs », a été reconnue été fortifiée au sein de votre famille des Servantes des Pauvres. Vous l’avez reçue à nouveau « d’ailleurs », c’est-à-dire de l’intelligence et du cœur de vos Mères et de vos Sœurs qui vous précèdent dans votre vie sainte, admirable et féconde. Désormais, avec une plus grande générosité et avec une plus grande obéissance, une plus grande docilité et un plus grand amour, vous trouverez dans « l’ailleurs » de la Très Sainte Trinité au plus profond de vous-mêmes, le secret d’être à votre tour pour votre prochain et particulièrement le plus pauvres, cet « ailleurs » de l’Évangile qui le sauvera, à la manière dont vous-mêmes vous sentirez de plus en plus sauvées par le Sauveur, (notamment en cette Maison et en cette Eglise).

« L’Évangile vient toujours d’ailleurs. » Aujourd’hui, nous fêtons le Mystère de l’Ascension du Seigneur. La mission qu’Il a reçue du Père prend fin. Il monte au ciel couronné de gloire dans la jubilation des Anges et des Saints, et déjà comme le chante la liturgie, Il vous emmène avec Lui, captives de son Amour.

Désormais nous vivons de la mission de l’Esprit-Saint, envoyé par le Père et le Fils pour renouveler la face de la terre. « L’Évangile vient toujours d’ailleurs. » Dorénavant, vous puiserez la force apostolique et la douceur religieuse, l’amour de la foi et l’humilité de la confiance dans cet « ailleurs » caché dans votre cœur, l’Esprit-Saint, reçu dans le temple de vos corps et le sanctuaire de vos âmes. « qui spiritu Dei aguntur, ii sunt filii Dei » aimait à redire Dom Delatte après saint Paul. « Ceux qui sont mus par l’Esprit de Dieu, voilà ceux et celles qui sont fils et filles de Dieu. »

Heureuses serez-vous si vous laissez l’Évangile venir « d’ailleurs » en vous, c’est-à-dire si vous écoutez toujours la voix de l’Esprit Saint. En vous-mêmes Il dit : « Veni, viens. Tu as reçu mon sceau, l’anneau de la foi. Viens, épouse de Jésus-Christ, viens vers le Père ».

La Très Sainte Vierge Marie aujourd’hui contemple silencieusement son Fis bien aimé dans la gloire de son Ascension. Aujourd’hui, cachez-vous dans son Cœur Immaculé. Imitez sa discrétion. Elle aussi a reçu l’Évangile « d’ailleurs », et d’abord de l’Archange Gabriel. Son Cœur Immaculé devient pour vous cet « ailleurs » qui triomphera de toutes les tristesses et souffrances de la terre. Le Cœur de Marie, selon l’expression de Notre-Dame de Fatima à Sœur Lucie, sera votre refuge et le chemin qui vous conduira à Dieu ». C’est là que sans cesse vous renouvellerez la jeunesse de votre cœur, la limpidité de votre âme, la force de votre espérance, l’estime de vos sœurs, l’amour des petits et des humbles, le service des Pauvres, en un mot, votre vocation de Servantes des Pauvres.

Marie, Regina Virgo Mater, Notre-Dame du Congo, priez pour nous. Amen.