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Cinq jeunes médecins au dispensaire Saint Camille 03-01-2016

Cinq jeunes médecins, françaises, ont rejoint pour un mois l’équipe du dispensaire Saint Camille.

Regard sur les soins

Une cloche sonne dans le petit matin. En se rendant à la messe au village, les sœurs servantes des pauvres croisent leurs premiers malades, arrivés à la porte du dispensaire saint Camille. À l’ouverture, la cour ombragée est déjà pleine de monde : hommes et femmes en tuniques colorées, enfants dans le pagne de leurs mères. Ils sont venus à pieds ou groupés dans une voiture, parfois de très loin, et attendent leur tour patiemment.

L’équipe se rassemble au son des salutations joyeuses et d’une courte prière. Commence ensuite un tourbillon de consultations, faisant face quotidiennement à une grande affluence.

L’accueil mêle la bienveillance et la fermeté nécessaire au bon déroulement des soins. Les consultantes offrent à chacun une attention personnelle, éclairée par leur formation d’infirmière ou sage-femme. Un petit laboratoire permet de poser rapidement certains diagnostics : drépanocytose, hépatite B ou groupe sanguin… Les médicaments sont distribués avec parcimonie mais chacun repart avec un traitement soigneusement choisi, efficace à soulager ou guérir. Parfois ces soins sauvent : on voit revenir souriante une petite fille que la déshydratation hier nous amenait mourante, ou un jeune homme plein de vigueur après le traitement de son paludisme.

Ajoutons le travail de prévention autour des futures mères ou des jeunes enfants : consultations prénatales, vaccination, dépistage et prise en charge de la malnutrition.

Les patients de la salle des pansements sont les plus fidèles : ils reviennent de jour en jour et l’on surveille la cicatrisation des abcès, plaies et brûlures. Aussi impressionnants que soient ces maux lorsqu’ils nous arrivent, les chairs repoussent et la peau se ferme. Là, on voit des miracles !

Nous restons surpris : une telle efficacité, avec si peu de moyens et une petite équipe ? Voyons les forces invisibles.

La communauté des Servantes des Pauvres, qui assurent à la fois le soin des malades et le bon fonctionnement du dispensaire, sont aussi l’âme des lieux. À leur suite, les soins sont prodigués avec générosité – envers les plus pauvres surtout – et charité. Les soignantes donnent dans ce travail toutes leurs forces et leurs cœurs. Elles sont un exemple d’endurance et d’efficacité qui ne cède pas au nombre des consultations. Leur amitié, soudée par les années, est un appui pour chacune, et s’offre volontiers aux aides de passage. Et sans doute cet esprit doit aussi beaucoup à la prière, de la communauté catholique de Keur Moussa et des frères du monastère du cœur immaculé de Marie ainsi que des moniales de l’abbaye St Jean Baptiste de Keur Guilaye.

Ainsi, en passant la porte du dispensaire, les malades seront accueillis comme le Christ lui-même. Et c’est aussi Son visage qu’ils rencontreront dans la joie dévouée de l’équipe soignante.

Camille de Monsabert