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Retour au Père de Sœur Marie Anne Brigitte 11-07-2015

Le 7 du mois de juin de l’an de Notre Seigneur 2015, S’est endormie dans la paix du Seigneur, en la 83ème année de son âge et la 58ème année de sa Profession religieuse Sœur Marie Anne Brigitte (Marie-Thérèse GUIVARC’H).

Elle est née à St Pol-de-Léon, le 13 mai 1933, anniversaire des apparitions de Notre Dame à Fatima. Elle est entrée au noviciat des Servantes des Pauvres le 6 septembre 1955, a fait sa première Profession le 10 mars 1958 et a émis ses vœux perpétuels le 9 mars 1964. Elle a été Maîtresse des Novices de 1977-1995.

« J’ai mené le bon combat… et achevé ma course ! ». Dotée d’un tempérament enthousiaste, d’une foi intrépide et d’une espérance sans faille, notre sœur a achevé sa belle vie dans la paix et un complet abandon entre les mains de son Seigneur et celles de Notre-Dame qu’elle aimait tant.

Sœur Marie Anne Brigitte
Sœur Marie Anne Brigitte
Sœur Marie Anne Brigitte

 

Devenez ce que vous êtes
Croyez à l'Amour
Répondez à l'Amour

Homélie donnée pour ses vœux perpétuels
le 9 mars 1964

Dans quelques instants, par l’intermédiaire de l’Église, vous allez publiquement exprimer votre totale et définitive consécration à Dieu. Et Dieu, par l’intermédiaire de son Ministre, manifestera publiquement qu’il accepte votre offrande.

Réjouissez-vous, rayonnez de joie et d’enthousiasme ; vous entrez dans l’immense cortège des Vierges et des Saintes Femmes qui, au cours des siècles, se sont vouées au service de Dieu. A la suite des Françoise Romaine, des Thérèse d’Avila, vous allez, si vous le voulez, vivre une extraordinaire aventure.

D’autres jeunes filles que vous avez connues ont répondu à l’appel d’un homme, se sont liées à lui et ont fondé un foyer. Vous, vous avez choisi de répondre à l’Appel du Christ, de vous livrer à Lui pour partager sa vie, pour devenir véritablement son épouse.

Le « OUI » nuptial que vous allez prononcer irrévocablement s’il rejoint, dans toute sa profondeur, le « Fiat » de Marie, donnera à votre vie, où que vous soyez, quels que soient les emplois qui vous seront confiés, une fécondité, une maternité spirituelle, qui vous permettront d’atteindre le véritable épanouissement de votre personnalité. Dieu est la source de la personnalité. L’âme qui s’ouvre sans restriction à l’irruption de l’amour divin, de la vie divine, a la possibilité de développer toutes ses richesses et de réaliser l’achèvement plénier de sa personnalité et de son destin.

Les grandes aventures sont d’ordre spirituel ; lisez l’histoire de l’Église. A l’exemple de F. Romaine et de Thérèse d’Avila, qui avaient uni en elles Marthe et Marie, vous pourrez vous aussi en adorant et en servant votre Dieu, vivre la plus grande aventure. Rayonnez de joie et d’enthousiasme, mes sœurs, et vous aussi chers parents qui participez si intimement à la démarche de vos filles, et vous aussi mes frères qui assistez à cette cérémonie : car Dieu a le désir de faire de grandes choses avec celles qu’il s’est choisies et qui répondent généreusement à son Appel.

Hier, l’Évangile nous rappelait qu’avec cinq pains d’orge et deux poissons généreusement offerts, Jésus avait nourri une grande foule. Avec les 5 Angevines et ces 2 Finistériennes (qui symbolisent bien les pains et les poissons) Jésus pourra demain encore apaiser la faim d’une multitude : car le monde, quoi qu’il en dise, a surtout faim de Dieu.

L’enfant qui offre les cinq pains d’orge et les deux poissons prévoyait-il les conséquences de son acte, c’est peu probable. Il pense sans doute que si les autres en faisaient autant, tout irait mieux. Il donne l’exemple sans se préoccuper de savoir si on l’imitera et sans penser à ce qu’on dira de lui. C’est à Jésus qu’il s’adresse, et Jésus qui veut avoir besoin des hommes, montre qu’il attendait le dévouement de cet enfant, pour faire un grand miracle et rassasier la multitude.

Mes sœurs, en vous livrant comme les cinq pains d’orge et les deux poissons, en vous rendant totalement disponibles à l’amour divin, vous engendrerez une grande multitude d’âmes et votre vie sera réussie en plénitude.

Hélas, ce qui répugne profondément à la nature humaine, surtout en ces temps si matérialisés, c’est de croire aux promesses et d’autant plus que ces promesses sont plus belles.

Puisse la Vierge Marie qui a accepté de croire au message de l’Ange, message de joie et non de souffrance, message de gloire annonce de grandes choses qui se feraient en elle et par elle, puisse la Vierge Marie vous aider à croire que Jésus veut agir en vous et opérer par vous de grandes choses selon cette parole : « Celui qui croit en Moi, fera des œuvres plus grandes que Moi. »

Croyez à l'Amour

Votre don total si sincère aujourd’hui, vous ne pourrez le réaliser dans le temps et dans l’espace que si vous croyez à l’amour personnel du Christ, que si à chacune des heures de votre vie vous gardez la foi dans le regard d’amour de Jésus. « Jésus, l’ayant regardée, l’aima ! » Voilà toute l’histoire, tout le sens de cette cérémonie, voilà pourquoi vous êtes ici. Je vous en prie, mes sœurs, ne l’oubliez jamais. Continuez chaque jour de croire à l’amour de Jésus pour vous : et cela malgré les tentations contraires, malgré les sécheresses, malgré vos fautes, malgré le désert qu’un jour ou l’autre vous aurez peut-être à traverser.

Qu’importe puisque vous êtes sures de l’amour de Celui qui vous a appelées : la manne si vous faites effort pour la recueillir ne vous manquera pas, l’eau du rocher jaillira toujours pourvu que votre foi demeure. Votre vie religieuse deviendrait une aventure téméraire et vous risqueriez de vous dissoudre dans la médiocrité, le jour où vous cesseriez de croire que Jésus vous aime. Seigneur, je crois, mais augmentez ma foi en votre amour.

Seigneur faites-moi croire que vous aimez davantage l’âme qui attend le plus de vous, l’âme à laquelle vous avez le plus à donner. Que mon âme soit pure comme celle de St Jean ; qu’elle ait été souillée comme celle de Marie-Madeleine, Seigneur faites-moi croire que vous l’aimez de la même manière et que voter seul désir c’est que j’attends tout de vous.

Croyez à l'Amour de Dieu et répondez à son Amour

Vote vie ne devra pas être d’abord un état de service, mais d’abord une consécration. Le Seigneur ne vous a pas appelées pour être infirmière, soignante à domicile, aide paroissiale, catéchiste… les laïcs peuvent aussi remplir ces fonctions.

Le Seigneur vous a appelées pour que s’établisse entre Lui et vous un échange d’amour, pour que petit à petit un amour nouveau, l’amour même de Dieu, pénètre votre pauvre cœur humain et vous fasse devenir au milieu des hommes le signe de Dieu.

Votre vocation première et donc d’être à Dieu, essentiellement tournées vers Dieu, centrées sur Dieu. Retenez-le bien, en priorité vote préoccupation doit être d’aimer Dieu. En vous parlant ainsi ne croyez pas que je vous invite à vivre en cloîtrées et que je vous aiguille en dehors des voies tracées par votre Père Fondateur. Tout au contraire ! Il est en effet une certitude absolue : Toute communication avec Dieu conduit au prochain ; toute contemplation authentique nous rend à l’amour du prochain et nous pousse à le servir. Ce serait hypocrisie dit St Jean, que de confesser de bouche l’amour de Dieu et en n’aimant pas son frère. La prière vous conduira donc au dialogue avec le monde et l’action audacieuse. Mais, entendez bien cette parole du Christ : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire… » Rien !…

Au-dessous de ce niveau votre volonté risque de s’orienter de travers, selon des vues personnelles, intéressées, imprégnées de l’esprit du monde. Au-dessous de ce niveau d’intimité, voter cœur risque de se dégrader en recherche affective trop humaine. Au-dessous de ce niveau d’intimité, vote action risque elle aussi d’être une occasion de chute : elle risque de vous conduire à l’orgueil quand il y a réussite, au découragement quand les résultats ne se voient pas, à la jalousie et à toutes ses conséquences.

Quand il y a déficience, lâchage dans la vie d’une âme consacrée, on s’aperçoit toujours que cette déficience, ce lâchage, viennent d’un manque d’intimité avec Dieu. Au ciel seulement nous serrons dans l’état de perfection parce que rien ne pourra arrêter en nous l’acte d’amour de Dieu. Sur terre, les obstacles sont nombreux, qui s’opposent à l’union avec Dieu. C’est pour vaincre les obstacles que vous allez prononcer vos vœux. La consécration que vous allez faire de tout votre être à Dieu, par les vœux, vise à vous dépouiller de tout ce qui pourrait arrêter le don de vous-même, de tout ce qui pourrait faire échec à l’appel du Seigneur, de tout ce qui pourrit vous empêcher d’être à Dieu.

Les vœux ne sont pas des barrières que vous posez définitivement, une fois pour toutes, mais des avenues que vous ouvrez pour rejoindre Jésus pauvre, chaste, obéissant, Jésus serviteur du Père et des hommes. Il ne s’agit pas de vous attacher à des termes abstraits, mais au Christ vivant. Les vœux ne sont pas un but, mais un moyen d’atteindre le but : Marcher aux côtés du Christ. « Nous avons tout quitté pour te suivre. »

Puisse le Christ allumer dans votre cœur le feu de son amour.

Que son amour vous unisse les unes les autres dans les sentiments de bonté, de patience, de miséricorde, d’entraide là où vous aurez à vivre. Cet amour fraternel sera le signe de la ferveur de votre Communauté.

Que son amour vous rende obéissantes à l’Église, à ses directives, à ses conseils, car l’Église et le Christ, c’est tout un.

Que son amour fasse de chacune d’entre vous un levain au cœur de la vie des hommes. C’est pour lui redonner une présence dans le monde, que vous remontrerez le Seigneur dans le silence du cloître.

Si l’amour du Christ est dans votre cœur, la joie rayonnera sur votre visage.

Et cette joie attirera les regards

Et cette joie étonnera les hommes, rapprochera les cœurs

Et cette joie sera la source de nouvelles vocations pour le Service de Dieu et sa Gloire.

Amen