Servantes des Pauvres
Oblates bénédictines

Au fil des jours

« Retour aux nouvelles

Le 29 juin dernier, le Seigneur a rappelé à Lui notre Sœur Marie Faustine
Sr Marie Faustine

Originaire du Sénégal, elle est entrée dans la Congrégation le 21 juillet 2003. C'est au cours de ses études d'aide soignante - qu'elle avait commencées avec bonheur - que s'est déclarée une leucémie aiguë. Après de longs mois de lutte, la maladie a eu raison d'elle. Le 29 juin, sur son lit d'hôpital, rayonnante, elle a pu faire sa Profession religieuse perpétuelle. Quelques heures plus tard, le Seigneur venait 'cueillir' sa petite épouse pour les Noces éternelles.

Faire-part de décès

Homélie pour la sépulture de Sœur Marie Faustine

Saint Sauveur - 2 juillet 2013

Notre Sœur Marie Faustine s'est endormie dans la paix du Seigneur au soir de la Solennité des Apôtres Pierre et Paul, Vigile du dimanche, à l'heure de Complies : « In manus tuas Domine commendo spiriritum meum ».

Fixée à la croix avec Jésus depuis ces derniers mois à cause de la maladie, c'est toute la réalité de la croix qui s'est présentée à nous samedi dernier, en ce moment ultime, où sa maman et moi-même étions près d'elle, comme Marie et Jean au Calvaire. L'aujourd'hui du mystère en toute sa puissance s'est ainsi manifesté à travers notre petite sœur. Saint Paul nous enseigne ce mystère, non en l'expliquant, mais en invitant à y pénétrer pour y puiser la grâce : « Je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps qui est l'Église » (Col 1, 24)

Que pouvait-il manquer à la Passion du Christ étant, par excellence, l'œuvre de Dieu, l'œuvre de la Rédemption où tout est dit, tout est donné ? Non il ne manquait rien aux épreuves du Christ en sa Passion ! Saint Paul nous fait cependant comprendre, à travers ce qu'il vit lui-même, que le manque éventuel résiderait dans le refus de communier à la Passion du Christ. Refuser la croix serait nier la Pâque. À l'opposé, accepter la croix, épouser la croix du Christ, c'est s'associer à ses souffrances pour son Corps qui est l'Église, c'est être rendu participant de sa Passion bienheureuse. C'est là, le premier enseignement qui nous est donné par le départ de notre petite sœur. Ces derniers mois, Sœur Marie Faustine a offert sa vie sans plainte, sans murmure, sans refus de la croix, dans le seul désir de l'amour de Jésus. Toute son existence, vécue dans la communion intime avec son bien-aimé, est un message de foi : « J'ai cherché celui que mon cœur aime… j'ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l'ai saisi, je ne le lâcherai pas. » (Cant 3, 1…4)

Sœur Marie Faustine n'a rien lâché, gardant sa lampe allumée nourrie par l'huile de sa prière et de sa contemplation. Prévoyante, elle pouvait ainsi veiller dans la confiance ne sachant « ni le jour ni l'heure ». Celui qui veille dans la foi vit avec Dieu, il est déjà passé des ténèbres à la lumière, tout son être est déjà avec Dieu par une grâce surnaturelle. C'est le deuxième message de Sœur Marie Faustine.

C'est dans cet élan spirituel, d'union à Dieu, qu'elle pouvait samedi dernier célébrer les Noces Mystiques avec le Divin Époux par la Profession perpétuelle. Nous recueillions son dernier souffle trois heures plus tard, comme si sa vie consacrée avait déjà rempli entièrement sa mission. La nouvelle épouse entrait dans la salle des Noces éternelles en vivant son : « Suscipe me Domine, secundum eloquium tuum et vivam, et non confundas me ab exspectatione mea ». Prends moi, Seigneur, selon ta parole, et je vivrai ; et ne permets pas que je sois confondue dans mon attente.

Dans ce Mystère du passage, de la Rencontre, notre petite sœur s'unissait au chœur céleste : « Ecce quod concupivi, iam vidéo ; quod speravi, iam teneo, illi sum iuncta in caelis, quem in terris posita tota devotione dilexi ». Ce que j'ai désiré, je le vois enfin, ce que j'ai espéré, je le possède ; je suis unie dans les cieux à Celui que, sur terre, j'ai aimé de toute mon âme.

Le Seigneur écoute les prières qui jaillissent d'un cœur pur, le Seigneur exauce les désirs plus forts lorsque nous offrons par lui, le Sacrifice de louange. C'est là le troisième message de notre petite sœur.

Qu'est ce que Seigneur cherche à nous dire à travers tout cela ? D'abord, que nous avons à discerner sa volonté. Ensuite à nous laisser transformer par le mystère de la croix pour vivre une plus grande fécondité de la foi. Notre petite sœur, dans son union au Christ, s'est identifiée au petit grain de blé qui tombe en terre. Petit grain déjà en germe qui est promesse de fécondité spirituelle. La première petite fleur de la mission sénégalaise ne promet-elle pas déjà le printemps fleuri de multiples vocations ? Tertullien disait que le sang des Martyrs était une semence de chrétiens. Lorsque les persécutions s'achevèrent dans l'Antiquité, la Consécration des Vierges prit le relais tout naturellement. Vivre le martyre dans le sang ou vivre le martyre dans l'offrande de soi dans la foi au Christ vainqueur de la mort était la même chose. C'est bien dans ce sens que nous pouvons rendre grâce au Seigneur pour le témoignage de Sœur Marie Faustine.

Les desseins du Seigneur ne sont pas les nôtres, il nous éprouve comme l'or au creuset. Mais, par la bouche de Paul, le Seigneur a promis qu'au cœur même de l'épreuve, il était source de toutes consolations. (2 Co 1, 3-4)

Notre consolation, nous la vivons dans l'Eucharistie, dans l'action de grâce, et là, nous nous unissons au Seigneur pour retrouver dans la maison du Père notre petite sœur. C'est elle qui aujourd'hui nous invite à prendre « le chemin de la vie pour trouver dans le face à face la joie en plénitude, et à la droite de Dieu, les délices éternelles ». (Ps 15, 11)

* * * * *

Première lecture : Cantiques 3, 1-4a

Sur ma couche, la nuit, j'ai cherché celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé ! Je me lèverai donc, et parcourrai la ville. Dans les rues et sur les places, je chercherai celui que mon coeur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé ! Les gardes m'ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville : "Avez-vous vu celui que mon coeur aime ?" À peine les avais-je dépassés, j'ai trouvé celui que mon cœur aime.

Évangile : Matthieu 25, 1-13

"Alors il en sera du Royaume des Cieux comme de dix vierges qui s'en allèrent, munies de leurs lampes, à la rencontre de l'époux. Or cinq d'entre elles étaient insensées et cinq étaient prévoyantes. Les insensées, en effet, prirent leurs lampes, mais sans se munir d'huile ; tandis que les prévoyantes, en même temps que leurs lampes, prirent de l'huile dans les fioles. Comme l'époux se faisait attendre, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. Mais à minuit un cri retentit : Voici l'Époux ! Sortez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Et les insensées de dire aux sensées : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. Mais celles-ci leur répondirent : Il n'y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous. Elles étaient parties en acheter quand arriva l'époux : celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte se referma. Finalement les autres vierges arrivèrent aussi et dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Mais il répondit : En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas ! Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.