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Sœur Marie Chantal07-04-2014
Sœur Marie Chantal

Sœur Marie Chantal (Gisèle BERNIER), a franchi le seuil de l'éternité ce 3 avril, en la 95e année de son âge et la 69e année de sa Profession religieuse. « Ce que vous avez fait à l'un de ces petits qui sont les miens, c'est à moi que vous l'avez fait » lui dit Jésus. Dieu veuille combler sans tarder l'espérance de sa Servante en l'accueillant par ces paroles : « Entre dans la joie de ton Seigneur », toi dont le dévouement auprès des Pauvres fut sans mesure, et communicatif ton enthousiasme pour le bien, spécialement auprès des enfants des Patronages.

Homélie pour la sépulture de Sœur Marie Chantal
- le 7 avril 2014 -

« Aucun d'entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur ». Ces paroles de Paul conviennent bien pour illustrer la vie de Sœur Marie Chantal auprès des pauvres et des enfants : « Tout pour le Seigneur ! » C'est la grâce de servir le Christ dans les humbles et les petits de manière désintéressée pour y trouver la joie et garder la lampe du cœur allumée.

Ces paroles expriment également toute la réalité d'appartenir au Seigneur et de manifester sa présence mystérieuse lorsque la conscience s'est évanouie et que la communication extérieure est réduite à son minimum. Combien plus alors, est-il nécessaire, d'une part de servir la personne malade et d'autre part de reconnaître en elle le visage du Christ, d'autant plus si cette personne est psychologiquement absente. Et pourtant, un cœur qui a porté l'amour du Christ toute une vie, reste un cœur animé de l'amour divin, un cœur aimant au delà des apparences et des expressions. Les sentiments n'ont pas besoin de conscience lorsque l'amour de Dieu est resté le même pour une personne qui reste unique à ses yeux. Il s'agit en l'occurrence d'être à l'écoute du Christ à travers la personne et de servir le Christ lui-même à travers la personne. La puissance de l'Esprit est sans mesure.

Cela me rappelle la détresse de cette maman qui subissait une double peine lorsque, pendant des années, elle avait demandé que sa fille handicapée mentale puisque communier et que les prêtres lui refusaient en disant « À quoi bon ». Quand j'avais dit à la maman que je n'y voyais pas d'inconvénient et que Jésus a toujours ce désir de visiter les cœurs simples et purs, cela avait été pour la maman comme une « résurrection » spirituelle, comme la femme de l'Évangile qui touche le manteau de Jésus. Je n'oublierai jamais non plus le sourire et la joie lumineuse de Stéphanie lorsqu'elle a communié pour la première fois ainsi que toutes les autres fois : « Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu ». Là, nous touchons de près la réalité du royaume en tant que témoins du miracle eucharistique et de la grâce ineffable donnée aux cœurs qui en ont tant besoin.

Dans ce sens, nous ne pouvons pas minimiser la force de la prière de notre sœur depuis ces dernières années. Je passai la voir pour lui imposer les mains, pour laisser Jésus venir la visiter et la renforcer par la puissance de son Esprit. Elle répondait alors à la prière du Je vous salue Marie sans hésiter et sans laisser passer aucune phrase.

La communauté à bénéficié de sa prière car le Seigneur l'avait choisi pour cela, pour veiller, pour que son cœur soit cet autel privilégié sur lequel elle pouvait célébrer le culte qui plaise à Dieu, un culte qui dépasse la conscience et l'intelligence mais qui participe au sacrifice du Christ, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

La communauté va bénéficier maintenant de la prière de notre sœur au ciel où elle va poursuivre son rôle d'intercession. Le Seigneur lui fait ce cadeau de pouvoir célébrer Pâques au ciel, de chanter le Cantique nouveau avec les Anges. Nous ne pouvons que rendre grâce et demeurer nous-mêmes dans la louange.