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11 février 2014 : Journée mondiale des malades16-02-2014

À l'invitation du Pape François, nous avons célébré la 22e journée mondiale de prière pour les malades, sur le thème : Foi et charité : « Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16). Quelques 130 personnes sont venues prier Notre Dame de Lourdes avec nous en notre chapelle de la Maison-Mère puis partager un moment convivial. L'abbé Jean Quris, délégué épiscopal à la Vie Consacrée, du diocèse d'Angers, a présidé cette célébration et donné une très belle méditation sur le Bon Pasteur, à partir de la mosaïque qui s'offre au regard de chacun en entrant dans la chapelle. À la fin du goûter a eu lieu le traditionnel tirage au sort : trois personnes présentes ont été les heureuses élues pour partir à Lourdes avec le pèlerinage diocésain des malades. Elles emporteront les intentions de prière de tous les autres participants à cette journée du 11 février qui, comme chaque année, reste gravée dans nos mémoires et nos cœurs.

Homélie sur l'évangile du Bon Pasteur, du Père Jean Quris

(à partir de la mosaïque de notre chapelle)
Mosaïque du Bon Pasteur

Je suis le bon pasteur, ne crains pas, je te sauverai !

En méditant ce texte nous pouvons prendre plusieurs chemins.
Nous pouvons regarder le berger :

Quelle inconscience : risquer de perdre tout le troupeau pour une seule brebis.
Mais voilà chaque brebis a pour lui le même prix, il ne peut consentir à en laisser une de côté.
Je pense à ce jésuite qui un jour disait : « j'ai pris conscience que je suis TOUT pour Dieu, si Dieu me perd, il perd tout ».
J'ai un prix aux yeux de Dieu que je ne soupçonne pas.
Je pense à cet autre homme très handicapé et qui un jour, peut-être tenté par le suicide, avait téléphoné à un ami moine qui lui avait dit : tu peux faire ce que tu veux, tu ne peux pas empêcher Dieu de t'aimer. »

Voilà le bon Pasteur…

Nous pouvons alors regarder la brebis. C'est nous, c'est moi.
C'est moi que le Seigneur aime à ce point. C'est pour moi que le Seigneur est prêt à laisser tous les autres tellement je compte pour lui.
C'est moi avec ce qu'il y a de beau en moi, mais c'est moi aussi avec ce qui n'est pas terrible, ce que j'ai parfois du mal à reconnaître… parce que Dieu ne s'arrête pas à cela. Pour lui toute être humain a la meme dignité et cette dignité ne peut pas se perdre. La dignité de l'homme, ce qui fait que l'homme est grand c'est qu'il est désiré par Dieu, il est aimé de Dieu ;
Rien ne peut empêcher Dieu d'aimer l'homme ! Rien ne peut empêcher Dieu de m'aimer.
De tendre les bras vers moi.
On dit parfois que les croyants sont ceux qui cherchent Dieu, je pense qu'il faut plutôt dire que les croyants sont ceux qui se découvrent cherchés par Dieu.

Nous pouvons aussi regarder les ronces dans lesquelles la brebis est empêtrée.

Ce sont toutes ces choses qui nous enchaînent, qui nous empêchent d'aimer d'un cœur libre ceux qui nous entourent.
Ces choses qui nous empoisonnent l'existence : des vieilles rancunes dans lesquelles nous sommes nous aussi, comme la brebis, empêtrés, notre péché, nos incapacités à aimer certains de ceux auprès de qui nous vivons, ces attitudes qui nous ferment sur nous-mêmes et qui nous empêchent de bondir vers les autres et d'abord vers ces mains qui se tendent vers nous…

Alors laissons nos cœurs accueillir cette parole qu'il veut nous dire aujourd'hui,
Ego sum pastor bonus noli timere salvabo te.

Je suis le bon Pasteur, ne crains pas je te sauverai.

Message du Pape François pour la Journée mondiale du malade en 2014

Message du Pape François pour la Journée mondiale du malade, le 11 février 2014 sur le thème : Foi et charité : « Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16)

Chers frères et sœurs,

Pape François1. À l'occasion de la XXIIe Journée mondiale du Malade qui, cette année, a pour thème Foi et charité : « Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16), je m'adresse de manière particulière aux personnes malades et à tous ceux qui leur apportent assistance et soin. L'Église reconnaît en vous, chers malades, une présence spéciale du Christ souffrant. C'est ainsi : à côté de notre souffrance, ou mieux encore, dans notre souffrance, il y a celle de Jésus qui en supporte le fardeau avec nous et en révèle le sens. Quand le Fils de Dieu est monté sur la croix, il a anéanti la solitude de la souffrance et en a éclairé l'obscurité. Ainsi, nous nous trouvons devant le mystère de l'amour de Dieu pour nous, qui nous donne espérance et courage : espérance, parce que dans le plan d'amour de Dieu, la nuit de la douleur s'ouvre aussi à la lumière pascale ; et courage, pour affronter toute adversité en sa compagnie, unis à lui.

2. Le Fils de Dieu fait homme n'a pas soustrait la maladie et la souffrance de l'expérience humaine mais, en les assumant, il les a transformées et redimensionnées. Redimensionnés parce qu'elles n'ont plus le dernier mot qui est, au contraire, la vie nouvelle en plénitude ; transformées, parce qu'en union avec le Christ, de négatives elles peuvent devenir positives. Jésus est la vie et, avec son Esprit, nous pouvons le suivre. Comme le Père a donné son Fils par amour, et le Fils s'est donné lui-même par le même amour, nous aussi, nous pouvons aimer les autres comme Dieu nous a aimés, en donnant notre vie pour nos frères. La foi dans le Dieu bon devient bonté, la foi dans le Christ crucifié devient force d'aimer jusqu'au bout, même les ennemis. La preuve de la foi authentique dans le Christ est le don de soi, la diffusion de l'amour envers le prochain, surtout envers celui qui ne le mérite pas, envers celui qui souffre, celui qui est marginalisé.

3. En vertu du Baptême et de la Confirmation, nous sommes appelés à nous conformer au Christ, le bon Samaritain de tous ceux qui souffrent. « À ceci nous avons connu l'Amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16). Lorsque nous nous approchons avec tendresse de ceux qui ont besoin de soin, nous leur apportons l'espérance et le sourire de Dieu dans les contradictions du monde. Quand le dévouement généreux envers les autres devient le style de nos actions, nous faisons une place au Cœur du Christ et nous en sommes réchauffés, offrant ainsi notre contribution à l'avènement du Royaume de Dieu.

4. Pour grandir dans la tendresse, dans la charité respectueuse et délicate, nous avons un modèle chrétien vers lequel tourner notre regard en toute sécurité. C'est la Mère de Jésus et notre Mère, attentive à la voix de Dieu et aux besoins et difficultés de ses enfants. Marie, poussée par la divine miséricorde qui en elle se fait chair, s'oublie elle-même et se met en route en toute hâte de Galilée en Judée, afin de rencontrer et d'aider sa cousine Élisabeth ; elle intercède auprès de son Fils aux noces de Cana, quand elle constate que le vin de la fête vient à manquer ; elle porte en son cœur, tout au long du pèlerinage de la vie, les paroles du vieux Siméon lui annonçant qu'un glaive lui transpercera l'âme et, avec force, elle reste au pied de la Croix de Jésus. Elle sait comment parcourir ce chemin, c'est pourquoi elle est la Mère de tous les malades et de toutes les personnes souffrantes. Nous pouvons avoir recours à elle en toute confiance, avec une dévotion filiale, certains qu'elle nous assistera, nous soutiendra et ne nous abandonnera pas. Elle est la Mère du Crucifié ressuscité : elle reste à côté de nos croix et nous accompagne dans le cheminement vers la résurrection et la vie en plénitude.

5. Saint Jean, le disciple qui se tenait au pied de la croix, avec Marie, nous fait remonter aux sources de la foi et de la charité, au cœur de Dieu qui « est amour » (1 Jn 4, 8.16) et nous rappelle que nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous n'aimons pas nos frères. Celui qui est sous la Croix avec Marie, apprend à aimer comme Jésus. La Croix « est la certitude de l'amour fidèle de Dieu pour nous. Un amour tellement grand qu'il pénètre dans notre péché et le pardonne, entre dans notre souffrance et nous donne la force de la supporter, mais aussi dans la mort pour la vaincre et nous sauver… La Croix du Christ nous invite également à nous laisser gagner par la contagion de cet amour, elle nous enseigne à considérer toujours l'autre avec miséricorde et amour, surtout celui qui souffre et a besoin d'aide » (Chemin de la croix avec les jeunes, Rio de Janeiro, 26 juillet 2013).

Je confie cette XXIIème Journée mondiale du Malade à l'intercession de Marie, afin qu'elle aide les personnes malades à vivre leur souffrance en communion avec Jésus-Christ, et soutienne ceux qui en prennent soin. À tous, malades, personnels de la santé et bénévoles, je donne de tout cœur la bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 6 décembre 2013