Servantes des Pauvres
Oblates bénédictines

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Messes de prémices 02-07-2019 au 06-07-2019

La semaine du 2 au 6 juillet a été une heureuse semaine de messes de prémices. Don Raphaël Simonneaux, prêtre de la communauté Saint-Martin, le 2 juillet ; l’Abbé Kevin-Emmanuel Labbé, prêtre du diocèse d’Angers, le 4 juillet ; Don Amaury Vuatrin, prêtre de la communauté Saint-Martin, qui avait fait son année diaconale sur la paroisse de Trélazé (Angers), le 6 juillet. Pendant ce temps, la communauté de la Doutre accueillait Don Jean Parlanti, le 3 juillet. Autant d’occasions de rendre grâce et de continuer à prier pour les prêtres, leur fidélité, la fécondité de leur ministère et l’éveil des vocations sacerdotales.

Extrait de l’homélie de Don Raphaël

2 juillet 2019

Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ?

Chères sœurs,

Notre point commun entre vous et nous, séminariste, diacres et prêtre, nous avons été saisis par Jésus, nous avons croisé son regard et devant la force qu’Il dégage, nous avons décidé de tout quitter pour le suivre. C’est le mystère si beau et si grand de chacune de nos vocations. La question qui anime notre vie est celle-ci : quel est donc celui-ci ? Et nous avons répondu avec saint Pierre : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Nous sommes appelés dans notre consécration à répéter chaque jour, sans nous lasser, notre foi en Jésus : vous peut-être en lui disant : Tu es mon époux bien aimé, à qui j’ai offert toute ma personne et nous : Tu es Celui que je représente, Celui qui agit par moi pour donner ta vie aux hommes. Dans cette messe d’action de grâce, je veux rendre grâce au Seigneur pour toutes les vocations des Servantes des Pauvres, pour les novices comme pour les sœurs ayant déjà fêté leur anniversaire de 50 ans de vie religieuse et plus, pour la fécondité de vos vies données.

Je n’oublierai sans doute jamais l’année 2019 pendant laquelle j’ai reçu le grand don de l’ordination sacerdotale : année pendant laquelle vous le savez la barque de l’Église a affronté et affronte encore les vagues de la tempête, année dans laquelle le sacerdoce en particulier est abîmé. Peut-être plus que jamais le jeune prêtre que je suis doit trembler devant la grandeur de sa vocation : en effet je suis effrayé par ce que j’ai reçu et par ce à quoi cela m’engage. Je sais que je n’ai qu’une seule réponse à donner à cette tempête : la sainteté de mon sacerdoce. Correspondre chaque jour de ma vie un peu plus à l’immense don que j’ai reçu.

Le Seigneur nous dit : Pourquoi être craintifs ? Ne savez-vous pas que je peux calmer cette tempête ? Jésus peut calmer la tempête à une seule condition : que nous Le laissions agir en nous pour qu’Il vive vraiment en nous, les prêtres bien évidemment, mais avec nous toute l’Église, et donc tout particulièrement celles qui Lui ont offert leur vie. C’est donc en jeune prêtre à la fois tout tremblant mais en même temps avec une confiance immense dans l’appui du Seigneur que je voudrais ce matin vous dire deux mercis.

D’abord merci pour votre vie de prière. Je sais que ma vocation a pu naître et grandir grâce à la prière des Servantes des Pauvres. Le 8 septembre 1993, encore dans le sein maternel, j’assistais aux vœux solennels de sœur Véronique-Marie dans cette chapelle, une vie donnée pour la prière et le service des Pauvres, et depuis régulièrement j’ai eu la joie de repasser ici ou dans vos maisons de Brest, de Rennes, de Denain et même du Sénégal. J’ai eu l’immense grâce de sentir le poids de votre prière pour moi. Nos vies de prêtres ne pourraient pas porter de fruit sans la prière de tant et tant de religieux et religieuses. La vie religieuse est comme le poumon de l’Eglise qui nous rappelle le primat du surnaturel. Les âmes sont gagnées à Dieu d’abord dans vos chapelles, bien sûr aussi dans notre vie de prière mais ce que nous faisons après « sur le terrain » ne peut en être que le jaillissement si nous souhaitons porter du fruit. Merci donc pour votre prière si précieuse pour le monde et pour la fécondité de nos vies de prêtres de paroisse. Ce matin je viens humblement mendier votre prière pour mon tout jeune sacerdoce.

Merci également pour votre vie évangélique. J’ai toujours été marqué par l’exigence de votre vie de Servantes des Pauvres. Le service des malades ou les patronages en plus de l’intensité de votre vie bénédictine ne peut que nous édifier. J’ai eu la chance de vivre le patro un été ici et un petit séjour à Denain et nous en revenions toujours impressionnés avec mes frères de communauté. Vous êtes à la fois Marthe et Marie en quelque sorte et vous nous rappelez que le service – la mission apostolique est toujours un service – prend sa source dans la vie contemplative, marquée chez vous par la spiritualité bénédictine chère également à la communauté Saint-Martin. La recherche de Dieu – si vere Deum quaerit – se réalise autant dans le service des plus pauvres qu’à la chapelle, et votre vie nous le rappelle. Vous côtoyer dans nos paroisses – ce que j’aurais la joie de faire l’an prochain à Meyzieu – est pour nous toujours un stimulant de sainteté et un rempart contre l’activisme, probablement le plus grand danger du prêtre aujourd’hui. Merci donc pour vos vies offertes pour l’amour du Seigneur et des plus Pauvres.

En entrant maintenant dans l’offertoire, je porterais particulièrement votre congrégation en demandant les vocations dont vous avez besoin et dont l’Église a besoin. Laissons-nous renouveler dans notre amour du Seigneur qui transforme nos vies de jours en jours pour les rendre conformes à ce à quoi Il nous a appelés. Amen.